Les 36 situations dramatiques

LES 36 SITUATIONS DRAMATIQUES

Appliqué au cinéma, cet ouvrage reprend les 36 situations dramatiques que Georges Polti avait répertoriées pour le théâtre. À l’intérieur d’une même histoire, les situations dramatiques se combinent les unes aux autres, elles s’emboîtent, elles se mêlent, elles se répondent, elles se complètent en des symphonies tragiques ou comiques.  Elles sont celles des passions humaines et se retrouvent dans les films du monde entier.

Leçons de scénario, les 36 situations dramatiques

Lorsque les scénaristes mettent en action leurs personnages, ils rencontrent toujours une ou plusieurs des situations dramatiques qui ont été utilisées par tous les auteurs depuis Homère et le théâtre grec, et qui font toujours référence à un archétype qui peut être un personnage mythique ou historique immortalisé par la légende, le théâtre et la littérature, comme Œdipe, Antigone, Clytemnestre, Électre, Prométhée, Moïse et Jésus, Faust et Don Juan, Tristan et Yseut, Roméo et Juliette et tant d’autres. La dramaturgie, comme la psychanalyse, trouve ses racines dans les mythologies du monde entier, car partout les hommes ont fait les mêmes rêves, ils ont eu les mêmes peurs et ont inventé les mêmes histoires dont ils ont fait d’infinies variations. Mais il ne faut pas confondre les situations dramatiques avec les axes dramatiques, les thèmes ou le sujet, car ce n’est pas à l’histoire qu’elles renvoient, mais toujours aux personnages.

Avant de commencer la rédaction du scénario, le scénariste invente pour son personnage une biographie. Il lui construit un passé, les actions qui se sont déroulées avant le début du film, un présent qui va se dérouler pendant toute la durée du film, et un devenir, ce qui lui adviendra après la fin du film. Il sonde le fond de son âme pour savoir ce qu’il ressent et comment il réagit, bref, il lui fabrique un caractère : une personnalité, un tempérament, qui lui appartiennent en propre et font qu’il n’est identique à aucun autre. Mais la psychologie, si elle est nécessaire, n’est pas suffisante. Il faut encore donner à voir et à ressentir au spectateur ce qui appartient au domaine strictement privé des pensées, des pulsions, des répulsions, des passions, des désirs, sans compter tout ce qui est du domaine de l’inconscient, du refoulé, que le personnage est incapable ou s’interdit de formuler. Si le romancier peut entrer aussi souvent qu’il le veut dans la tête de son personnage en y conviant son lecteur, passant de la description objective d’une action à l’analyse des pensées subjectives qui commandent cette action, le scénariste est bien obligé de trouver un autre moyen pour exprimer ce que ressent son personnage.

Si les tragédies sont généralement privées d’humour, en revanche les comédies, et surtout les plus drôles, ont toujours un rapport direct avec le tragique et les malheurs de la vie. Mais à la différence de la tragédie, la comédie rejette tout ce qui pourrait exalter les bienfaits de la souffrance. Elle refuse de véhiculer l’idéologie qui affirme que la souffrance grandit ses victimes, qu’elle les rend meilleures. Ainsi, plutôt que de proposer au spectateur de souffrir avec les héros, la comédie lui permet de s’en moquer, ridiculisant et bannissant toute délectation et tout romantisme de la douleur. Le héros romantique, malheureux par essence, se trouvait trop grand pour un monde trop petit. Le héros comique, lui, est trop petit pour un monde qui le dépasse et qui l’écrabouille.

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