LE PERSONNAGE

De la « grande » histoire à la fiction

Tout commence en Égypte

La légende d’Isis et d’Osiris a été rapportée en Europe par le Grec Plutarque qui, au 1er siècle de l’ère chrétienne, l’avait recueillie lors d’un voyage en Égypte. Cette légende était déjà gravée sur la pierre des monuments égyptiens depuis plus de trois mille ans ! Comme les Grecs ne savaient pas déchif­frer l’écriture égyptienne, ils en appelèrent les signes hiéroglyphes, “l’écriture secrète”, même si, pour les Égyptiens, ce sont les “paroles divines”.

Le personnage, de la "grande" histoire à la fictionOsiris est représenté avec un corps noir, comme le limon fertile du Nil et la terre d’Égypte qui sont « aussi foncés que la prunelle de l’œil », précise le texte de Plutarque. Le noir, couleur bénéfique, est en Égypte ancienne le symbole de la renaissance et de la vie éternelle. L’ancien nom de l’Égypte, Kemet, signifie “la terre noire”, qu’on peut aussi interpréter comme “la terre des Noirs”. En revanche, si le noir est une couleur béné­fique, le rouge est la couleur de Seth, celui qui s’acharne sur le dieu noir : rouge comme les sables du désert stérile, domaine des forces malfaisantes, rouge comme la peau de l’homme blanc, brûlée par le soleil. C’est en rouge que les scribes inscrivent les mots néfastes, comme “scorpion” ou “serpent”, alors qu’ils écrivent en noir les mots favorables.

« LE PERSONNAGE » est divisé en six parties qui s’appuient sur les principaux personnages de la légende égyptienne : Isis, Osiris, Seth, Anubis, Thot, Horus. Comme il s’agit des premiers personnages représentés, les auteurs affir­ment que tous les personnages de la dramaturgie humaine (y compris des légendes asiatiques) peuvent être rattachés à ces archétypes. À l’intérieur de ces parties, est créé une dynamique, différente pour chacune d’elles. Une construction en torsade mène le lecteur, dans la première partie, d’Isis, femme sage, épouse et mère modèle, à ses antagonistes que sont les femmes meurtrières (« Comment l’esprit a été enlevé aux femmes »). La deuxième partie (« Les agneaux sacrifiés ») est bâtie selon le principe analogique, qui part du dieu Osiris, sacrifié, auquel est relié Jésus, et se termine par les enfants martyrisés et violés. Seth ouvre la troisième partie (« Déviances et transgressions »), il défie l’ordre des dieux et précède les misanthropes solitaires, puis les couples infernaux, et ceux qui bafouent l’ordre des hommes, imposteurs et mythomanes, traîtres et lâches. (« Le deuil impossible ») est la quatrième partie, elle est un hommage rendu à Anubis, à tout embaumeur et thuriféraire qui respecte son défunt, et aux endeuillés éternels. C’est Thot qui écrit les premiers mots de la cinquième partie, et sacralise les signes tracés sur la pierre, le bois, ou le papyrus, puis sur le parchemin et le papier (« Écriture et Magie »). La sixième partie, née du dieu à tête de faucon, Horus (« Le bras vengeur de dieu »), raconte une épopée où les personnages sont tenus par des hommes et des femmes dont la “Grande” Histoire a gardé les traces sous des formes quasi légendaires.

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