Être traqué

EXTRAIT

« Dans la comédie, les personnages traqués par les forces de l’ordre, ou les forces mauvaises au service des puissants sont nombreux. Mais fort heureusement, ils réussissent le plus souvent à échapper à ceux qui les poursuivent, comme la jeune fille (Paulette Goddard) des Temps modernes, qui est recherchée par la police parce qu’elle a volé un pain, elle est sauvée par Charlot qui s’accuse à sa place. Ce n’est qu’un répit, car les policiers ne lâchent pas sa trace, ils la retrouvent, l’arrêtent cette fois comme une mineure en fugue et la reconduisent à l’orphelinat. Mais son ange gardien la sauve encore. Pourtant, elle reste en danger, mais Charlot l’adjure de ne pas perdre courage, le pays est vaste, s’il le faut ils traverseront l’Amérique à pied, malgré leurs semelles trouées. Leur amour et leur courage sont aussi grands que l’Amérique.

Être traqué est ainsi une situation de base de la comédie. Dans La Grande vadrouille, les personnages incarnés par Bourvil et Louis de Funès, parce qu’ils ont involontairement sauvé des aviateurs anglais, sont traqués par la gestapo puis par l’armée allemande, mais bien sûr ils réussissent à s’échapper en planeur. Le mitrailleur allemand qui essaie de les abattre louche comme dans une scène burlesque de Mack Sennett, et il rate tous ses coups. Portés par le vent et la formidable énergie qui anime les personnages de comédie et aussi leur instinct de survie indestrutible, nos héros volent déjà vers la liberté. »