Le deuil

EXTRAIT

« Pour l’endeuillé, les matins blêmes succèdent aux nuits sans sommeil ou peuplées de cauchemars, et toutes les journées sont grises. On comprend bien alors qu’il faille toujours associer le deuil à une autre situation dramatique qui remet le personnage en mouvement, qui lui donne une raison d’agir, telle que haïr, venger un proche, sauver, se sacrifier aux proches, la folie.

Ainsi, dans la première séquence du Parrain 2, cette femme sicilienne qui enterre son mari, Vito Andolini, tué parce qu’il a insulté le chef de la mafia locale. La veuve suit le cercueil, serrant contre elle son deuxième enfant qui s’appelle Vito lui aussi. L’aîné, Paolo, a juré de venger son père et il s’est enfui dans la montagne. C’est alors que retentissent des coups de feu et une voix de femme hurle : “quelle misère, ils ont tué le petit, ils ont tué Paolo !”. La mère se précipite et découvre son enfant abattu, face contre terre…

Cette fois, c’est une mère en colère qui va voir le parrain et lui demande d’accorder sa miséricorde à Vito, le seul fils qu’il lui reste. Elle dit qu’il n’est pas dangereux, il est simplet et ne parle jamais, mais le parrain n’en croit rien, l’enfant voudra venger son père, lui aussi doit mourir. Alors la mère sort un poignard qu’elle a caché dans ses voiles de deuil pour tuer le parrain, elle est abattue par les gardes du corps. Mais Vito réussit à s’enfuir. »