Devoir sacrifier les siens

EXTRAIT

« Le film turc Le Sacrifice est inspiré d’un fait divers, c’est l’histoire de Müslüm (Tarik Azkan), un jeune homme pauvre et taciturne, très croyant, et qui veut épouser une jeune fille qu’il aime, Gülbahar (Necla Nazir), mais dont le père refuse le mariage. Les jeunes gens s’enfuient à la ville où ils se marient. Ils sont heureux, il leur naît un fils et l’homme trouve du travail. Mais il est accusé d’un vol qu’il n’a pas commis. En prison, il promet à Dieu de lui sacrifier son prochain fils s’il est libéré. Quand il retourne dans son village, sa femme est enceinte. Pendant des mois, il prie dieu de lui envoyer une fille, mais il lui naît un garçon, et l’homme tient sa promesse, il égorge son enfant qui a eu moins de chance qu’Isaac, le fils d’Abraham, Dieu n’a pas retenu la main de son père. Il est vrai que cette fois, Dieu n’avait rien demandé à cet homme.

Les nazis n’ont éprouvé aucune répugnance à imposer à leurs victimes le sacrifice des proches, ils l’ont fait avec sadisme, comme un signe de leur toute puissance. Dans L’Armée des ombres, Simone Signoret, placée devant un choix impossible, plutôt que de sacrifier sa fille, sacrifie ses proches, ses compagnons de résistance, et de ce fait elle sacrifie son idéal, et finit par se sacrifier elle-même. Voici une situation tragique qui regroupe tous les sacrifices et conduit à la destruction non seulement du personnage placé devant ce choix mais aussi de tous les autres personnages. »