L’adultère meurtrier

EXTRAIT

« Dans Ascenseur pour l’échafaud, c’est encore une femme qui pousse son amant au meurtre. Le film commence par une conversation téléphonique entre une femme (Jeanne Moreau) et un jeune homme qu’elle appelle Julien (Maurice Ronet), son amant. Une nouvelle fois, c’est la femme l’instigatrice du meurtre, et l’amant l’exécuteur. Elle lui redit qu’elle l’aime et l’exhorte au courage, elle lui propose de l’attendre “après” à la terrasse de leur café préféré, où il viendra la chercher dans sa belle voiture rouge. Et Julien s’en va tuer le mari dont il maquille le meurtre en suicide. Mais alors qu’il vient de tourner la clé de contact de sa voiture, il s’aperçoit qu’il a oublié une corde dans l’immeuble. Il se précipite pour aller la récupérer, mais le vigile coupe l’électricité, comme s’il était la main du destin, et l’amant meurtrier reste coincé dans l’ascenseur. Deux jeunes gens volent sa voiture si voyante et commettent un double crime avec son arme trouvée dans la boite à gants. Le lendemain, Julien, enfin libéré de son ascenseur, est arrêté pour ces meurtres. Il clame son innocence, mais il ne peut pas dire où il était pendant cette nuit-là sans avouer son véritable crime.

Cette fois, dans Fenêtre sur cour, c’est le mari qui tue sa femme pour être libre de vivre avec sa maîtresse. Le meurtre n’est pas raconté du point de vue des amants, ni de celui de la victime. Le drame se joue sous les yeux d’un photographe (James Stewart) qui s’est cassé une jambe et qui attend que le temps passe en observant l’immeuble d’en face et ses habitants. C’est l’été à New York, il fait très chaud et les fenêtres sont grandes ouvertes. Il voit un mari qui porte à manger à son épouse couchée, “tu crois que je vais manger ça !”, proteste-t-elle. Sans répondre, le mari retourne dans l’autre pièce et compose un numéro de téléphone. Son épouse se lève, “Naturellement, tu téléphones à une femme… Il s’imagine qu’elle est amoureuse de lui… À ton âge, amoureuse de toi !”. Elle éclate d’un rire méprisant. Les jours suivants, le photographe remarque que l’épouse ne se montre plus, tandis que le store de la chambre a été baissé. Il se demande si la femme n’a pas été assassinée par son mari, et se confie à sa fiancée (Grace Kelly) qui trouve les indices accréditant cette hypothèse… Bientôt leurs vies sont mises en danger par le mari meurtrier qui a compris qu’ils savent et qui cherche à les supprimer. »