L’erreur judiciaire

EXTRAIT

« Dans Le Sergent noir, le sergent Rutledge (Woody Strode) est accusé d’avoir abattu le commandant du fort et violé et tué sa fille. Le jour du procès, les épouses d’officiers se pressent comme au spectacle, impatientes d’assister à une pendaison. Elles-mêmes le pendraient volontiers haut et court et sans délai. Une jeune fille blanche a été violée et tuée, le sous-officier noir a été vu sur les lieux du crime, blessé par balle, il ne peut être que le coupable. Le film est situé en Arkansas dans le dernier quart du 19ème siècle, et c’est bien au risque d’être exécuté que pensait le sergent Rutledge lorsqu’il s’est enfui après avoir trouvé la jeune fille morte, mais sa fuite offre un élément de plus pour faire de lui un criminel.

Le sergent est né en esclavage, il a cru les promesses du président Lincoln qu’il vénère, il s’est engagé dans la cavalerie où il est devenu un soldat d’exception. Au moment du meurtre, il venait voir le commandant du fort pour prendre ses ordres car des Indiens apaches avaient quitté leur réserve. Il a vu la jeune fille nue, elle était morte, il a voulu recouvrir son corps d’une étoffe et c’est alors que le commandant l’a aperçu et qu’il a tiré sur lui. Le sergent a répliqué, il a tiré lui aussi, en légitime défense et il a tué le commandant. Mais il est innocent, et c’est pour cela qu’il est revenu. “Le Neuvième de cavalerie, c’est mon foyer, ma liberté et mon honneur. Si je désertais, je ne serais qu’un sale nègre, ce que je ne suis pas, vous entendez. Je suis un homme”. Il est défendu par un jeune lieutenant (Jeffrey Hunter) qui n’a aucun préjugé racial et qui va réussir à démonter pièce par pièce l’accusation, jusqu’à démasquer le violeur assassin, un homme blanc dont il apportera les preuves irréfutables de la culpabilité. »