Osiris

LES AGNEAUX SACRIFIÉS

Après l’assassinat d’Osiris, puis sa survie miraculeuse, l’assemblée des dieux a fait de lui «Celui qui règne sur le royaume des morts». Osiris préside désormais le jugement du cœur des défunts, que l’on place sur le plateau d’une balance. Sur l’autre plateau se tient la déesse Maât, l’équilibre du monde, légère comme le vent. Le défunt qui se présente récite la «déclaration d’innocence». Si la balance reste en équilibre, le défunt a dit vrai et Osiris l’accueille en son royaume des ténèbres. Mais si le défunt a menti, la «Grande Dévorante» engloutit son cœur, interdisant à jamais au méchant de survivre au royaume des morts. Dans l’ancienne Égypte, presque tous les éléments qui seront repris plus tard par les religions révélées, comme le judaïsme, le christianisme et l’islam, sont déjà en place. Dieu punit, ou punira, ceux qui ont choisi la voie du mal, et récompensera ceux qui ont suivi celle de la charité.

Osiris, la 1ère momie

Osiris, la 1ère momie

Dans la Deuxième partie du livre, Osiris est bien “le dieu assassiné”, revenu à la vie, comme le sera Jésus, “le dieu ressuscité”, nourri des religions égyptienne et juive de son enfance. Le chemin du martyre en fait des êtres terriblement proches des simples humains, mais ils n’en sont pas moins des dieux. “Les sacrifiés”, victimes ordinaires — jusqu’au “Jugement dernier” — choisissent un martyre héroïque, mais sans gloire. Les messagers”, quant à eux, suivent l’exemple divin en prêchant une foi combattive qui peut aller jusqu’au fanatisme. Les guerres ont  leur content de “dégâts collatéraux”, quand “les innocents et les barbares” se font face, les premiers étant toujours les victimes du sadisme des seconds qui les éliminent en toute conscience, hommes, femmes et enfants. Mais l’innocence proclamée des enfants est dans certains combats douteux remise en cause par ces “enfants embrigadés, enfants meurtriers”, capables des mêmes atrocités que les adultes. Les guerres ne sont pourtant pas les seules circonstances où l’innocence est bafouée, “les enfants et les ogres” rappelle que la misère ordinaire, celle qui permet à certaines personnes d’accumuler scandaleusement des fortunes au détriment des plus faibles, engendre l’odieux mépris du riche vis-à-vis des malheureux enfants dont il se repaît dans les plantations ou les usines. Heureusement, ils existent aussi, “les pères nourriciers”, ceux qui sont poussés non pas par la rapacité mais par l’amour et la tendresse. Si les hommes tiennent une place prépondérante en tant que bourreaux, “enfants et parents indignes” montre que les femmes savent être des tortionnaires aussi zélés qu’eux. Mais que dire des voleurs d’enfants, des femmes et des hommes qui en font un commerce dont ils ne ressentent aucune honte ? “Les agneaux volés” ne sont pour eux que des proies. Une autre espèce de monstres crée à son tour une autre catégorie de victimes, ce sont les pédophiles, dénoncés par “l’enfant et ses prédateurs”, un long chapitre sur des martyrs dont l’église catholique a mis longtemps à reconnaître l’innocence.

Films analysés :

  • La Dernière tentation du Christ, écrit par Paul Schrader, d’après Nikos Kazantzaki, réalisé par Martin Scorsese, États-Unis, 1998.
  • La Parole (Ordet), écrit et réalisé par Carl Theodor Dreyer, d’après Kaj Munk, Danemark, 1955.
  • Spartacus, écrit par Dalton Trumbo, d’après Howard Fast, réalisé par Anthony Mann, puis Stanley Kubrick, États-Unis, 1960.
  • Mission, écrit par Robert Bolt, réalisé par Roland Joffé, Royaume-Uni, 1986.
  • Breaking the waves, écrit et réalisé par Lars von Trier, Danemark, 1996.
  • Metropolis, écrit par Thea von Harbou, réalisé par Fritz Lang, Allemagne, 1926.
  • Terminator, écrit par Gale Anne Hurd, réalisé par James Cameron, Royaume -Uni, États-Unis, 1984.
  • Avatar, écrit et réalisé par James Cameron, États-Unis, 2009.
  • Né un 4 juillet, écrit et réalisé par Oliver Stone, d’après Ron Kovic, États-Unis, 1989.
  • Little Big Man, écrit par Calder Willingham, d’après Thomas Berger, réalisé par Arthur Penn, États-Unis, 1970.
  • La Prisonnière du désert, écrit par Frank S. Nugent, d’après Alan Le May, réalisé par John Ford, États-Unis, 1956.
  • Le Pont, écrit par Michael Mansfeld & Karl Wilhelm Vivier, réalisé par Bernhard Wicki, Allemagne, 1959.
  • La Déchirure, écrit par Bruce Robinson, réalisé par Roland Joffé, Royaume-Uni, 1984.
  • Cabiria, écrit par Gabriele D’Annunzio, réalisé par Giovanni Pastrone, Italie, 1914.
  • Les Deux orphelines, écrit et réalisé par David W. Griffith, d’après Adolphe d’Ennery & Eugène Cormon, États-Unis, 1921.
  • Le Kid, écrit et réalisé par Charlie Chaplin, États-Unis, 1921.
  • Mon nom est Tsotsi, écrit et réalisé par Gavin Hood, d’après Athol Fugard, Afrique du Sud, 2005.
  • Ivan le Terrible, écrit et réalisé par Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein, Union des républiques socialistes soviétiques, 1942-1945.
  • La Nuit du chasseur, écrit et réalisé par Charles Laughton, coécrit avec James Agee, d’après Davis Grubb, États-Unis, 1955.
  • M le maudit, écrit par Thea von Harbou & Paul Falkenberg & Adolf Jansen, réalisé par Fritz Lang, Allemagne, 1931.
  • Fête de famille, écrit et réalisé par Thomas Vinterberg, coécrit par Morgens Rukov, Danemark, 1998.
  • Polisse, écrit et réalisé par Maïwenn, coécrit par Emmanuelle Bescot, France, 2011.

Livres analysés :

  • Nouveau Testament, Évangile selon saint Jean, saint Marc, saint Luc, saint Matthieu.
  • Nouveau Testament, Épître de saint Paul aux Philippiens.
  • Poésies, 1943-1970, Pier Paolo Pasolini.
  • Controverse de Valladolid, Bartolomé de Las Casas, Juan Ginés de Sepúlveda.
  • Minutes du procès de Jeanne d’Arc.
  • Histoire de France jusqu’au XVIème siècle, Tome 5, Jules Michelet.
  • Pieds nus sur la terre sacrée, recueil de textes indiens réunis par T.C. MacLuhan.
  • A Primitive Systeme of Values, Dorothy Lee.
  • Allah n’est pas obligé, Ahmadou Kourouma.
  • En attendant le vote des bêtes sauvages, Ahmadou Kourouma.
  • Enfants esclaves, enfants battus, Claire Brisset.
  • Massinissa le Berbère, M.-F. Briselance.
  • Modeste Proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public, Jonathan Swift.
  • La Perrita, Isabelle Condou.
  • Le Petit Chaperon rouge, Mémoires, contes et autres œuvres, Charles Perrault.
  • La Tragédie de Gilles de Rais, Analyse des données historiques, Georges Bataille.
  • Minutes des procès de Gilles de Rais.
  • Le Conte des contes, ou le divertissement des petits enfants, Giambattista Basile.
  • L’Inceste, Christine Angot.
  • Il était un piano noir – mémoires interrompues, Barbara.

Pièces de théâtre analysées :

  • Mère Courage et ses enfants, Chronique de le Guerre de Trente ans, Berthold Brecht.
  • Les Cenci, Percy Bysshe Shelley.

Chansons analysées :

  • L’Internationale, écrite par Eugène Pottier, composée par Pierre Degeyter.
  • Leaning on the everlasting arms, écrite par Elisha A. Hoffman, composée par Anthony J. Showalter.
  • Le Petit Chaperon rouge, écrite par Françoise Giroud, composée par Louis (Loulou) Gasté.
  • L’Aigle noir, écrite et composée par Barbara.