Seth

DÉVIANCES ET TRANSGRESSIONS

Selon la religion de l’ancienne Égypte, le dieu solaire Amon-Rê navigue le jour à bord de sa barque céleste et la nuit il emprunte pour renaître le matin à l’est, les rivières tortueuses des profondeurs de la terre où Apophis, un serpent monstrueux, cherche à le dévorer. Seth, le frère fratricide d’Osiris, vainc chaque nuit le serpent géant. Par reconnaissance, Amon-Rê protège Seth de la colère des autres dieux. Il a fort à faire, car Seth est un transgresseur proclamé, il est celui qui se refuse une fois pour toutes à l’unité. Il remet en question les ordres divins pour toujours s’affirmer dans sa singularité.

Seth défend chaque nuit la barque solaire

Seth défend chaque nuit la barque solaire

La Troisième partie du livre s’ouvre sur “les hommes qui s’aiment et ne sèment pas”, s’appuyant sur le personnage de Seth qui, contrairement à Osiris, fécond et dieu des Ténèbres, est stérile comme le désert et protecteur de la lumière diurne. C’est la jalousie qui inspire le meurtre d’Osiris, mais c’est l’ignorance qu’il est “le jouet des dieux” qui pousse Œdipe en travers du chemin de son père puis dans le lit de sa mère. Cette innocence coupable n’est pas le lot des “solitaires et misanthropes” qui se tiennent à l’écart du monde des humains dont ils pensent peu de bien. Si certains misanthropes se considèrent comme des modèles parfaits et ne perçoivent pas leur ridicule, pour d’autres, ce droit à juger leurs semblables s’accompagne d’une lucidité sur leurs propres faiblesses. C’est aussi le cas de l’érotomane, dont la compulsion maladive qui fait de lui un “solitaire et psychopathe” peut le mener à tuer l’être aimé et à se supprimer, par désespoir. En revanche, les “couples infernaux” n’admettent aucune limite à leur dévoration d’autrui, ni barrière morale, ni contradicteur dont ils se débarrassent sans hésitation à la moindre menace. Les “imposteurs, mystificateurs et mythomanes” sont des esprits imaginatifs qui construisent volontairement leurs mensonges mais en sont les premières dupes. “Les traîtres”, sans lesquels toute dramaturgie de l’aventure serait vaine, ne sont jamais plus intéressants qu’au moment où ils prennent conscience de leur trahison et qu’ils sont prêts à en payer le prix — moral.  De la même façon, “les lâches”, qui n’ignorent pas la gravité de leur couardise, deviennent des personnages attachants quand ils se débattent, jusqu’à risquer leur vie, pour retrouver l’estime de ceux qu’ils aiment et qui leur ont tourné le dos.

Films analysés :

  • Le Septième Sceau, écrit et réalisé par Ingmar Bergman, Suède, 1957.
  • Dr House, série en 8 saisons, conçue par David Shore, États-Unis, 2004-2012.
  • Le Nom de la rose, écrit par Andrew Birkin & Gérard Brach & Howard Franklin, d’après Umberto Eco, réalisé par Jean-Jacques Annaud, Italo-franco-allemand, 1986.
  • Misery, écrit par William Goldman, d’après Stephen King, réalisé par Rob Reiner, États-Unis, 1990.
  • Bonnie & Clyde, écrit par David Newman & Robert Benton, réalisé par Arthur Penn, États-Unis, 1967.
  • La Cérémonie, écrit par Caroline Eliacheff, d’après Ruth Rendell, réalisé par Claude Chabrol, France, 1995.
  • De sang-froid, écrit et réalisé par Richard Brooks, d’après Truman Capote, États-Unis, 1967.
  • Un héros très discret, écrit et réalisé par Jacques Audiard, coécrit par Alain Le Henry, d’après Jean-François Deniau, France, 1996.
  • Barry Lyndon, écrit et réalisé par Stanley Kubrick, d’après William Makepeace Thackeray, Royaume-Uni, États-Unis, 1975.
  • Madame Doubtfire, écrit et réalisé par Chris Columbus, d’après Anne Fine, États-Unis, 1993.
  • Chantons sous la pluie, écrit par Betty Comden & Adolphe Green, réalisé par Gene Kelly & Stanley Donen, États-Unis, 1952.
  • The Artist, écrit et réalisé par Michel Hazanavicius, France, 2011.
  • Big Fish, écrit par John August, d’après Daniel Wallace, réalisé par Tim Burton, États-Unis, 2003.
  • Le Mouchard, écrit par Dudley Nichols, d’après Liam O’Flaherty, réalisé par John Ford, États-Unis, 1935.
  • À bout de souffle, écrit et réalisé par Jean-Luc Godard, France, 1960.
  • Rio Bravo, écrit par John Furthman & Leigh Brackett, réalisé par Howard Hawks, États-Unis, 1959.
  • Seuls les anges ont des ailes, écrit par John Furthman, d’après un synopsis de H. Hawks, réalisé par Howard Hawks, États-Unis, 1939.
  • Les Sept Samouraïs, écrit par Shinobu Hashimoto & Hideo Oguni, réalisé par Akira Kurosawa, Japon, 1954.
  • Les Sept Mercenaires, écrit par William Roberts, d’après Les Sept Samouraïs, réalisé par John Sturges, États-Unis, 1960.
  • Il faut sauver le soldat Ryan, écrit par Robert Rodat, réalisé par Steven Spielberg, États-Unis, 1998.

Livres analysés :

  • L’Épopée de Gilgamesh.
  • L’Iliade, Homère.
  • Nouveau Testament, Évangiles selon saint Jean, saint Matthieu, saint Marc.
  • Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle.
  • Vie de Molière, avec des jugements sur ses ouvrages, Voltaire.
  • Les Misérables, Victor Hugo.
  • Mémoires de Barry Lyndon du Royaume d’Irlande, William Makepeace Thackeray.
  • L’Ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche, Miguel de Cervantes.
  • Le Mouchard, Liam O’Flaherty.

Pièces de théâtre analysées :

  • Le Misanthrope, Molière.
  • Les Bonnes, Jean Genet.

Chansons analysées :

  • Le Mécréant, écrite et composée par Georges Brassens.
  • La Mauvaise réputation, écrite et composée par Georges Brassens.
  • L’Assassinat, écrite et composée par Georges Brassens.

Poèmes analysés :

  • L’Expiation, poème, Victor Hugo.
  • La Fin du chemin, Bonnie Parker