Résoudre une énigme

EXTRAIT

« Carlo Gozzi, le dramaturge et romancier vénitien qui au 18ème siècle a dénombré les 36 situations dramatiques, est l’auteur de l’opéra Turandot, chef d’œuvre du compositeur Giacomo Puccini au début du 20ème siècle, l’histoire d’une princesse, fille de l’empereur de Chine, qui déclare qu’elle n’épousera qu’un homme de sang royal, capable de résoudre les trois énigmes qu’elle lui posera. En cas d’échec, le candidat aura la tête tranchée. Pourtant, la beauté de la princesse est telle que les prétendants viennent nombreux, mais aucun n’a réussi à déchiffrer les énigmes. Les têtes coupées, fichées sur des piques, sont exposées sur les remparts de Pékin, bien en vue des prétendants qui entrent dans la ville. Parfois, le peuple de Pékin, pourtant friand d’exécutions et de supplices, demande la grâce du condamné, mais jamais Turandot n’a eu pitié.

C’est pourquoi, lorsque le prince Calaf, le héros de l’histoire, annonce son désir de concourir, les ministres de l’empereur essaient de l’en décourager. “Va-t-en, lui disent-ils, cette porte est celle de la boucherie… tu es fou, va-t-en. Ici, on empale, on égorge, on étripe et décapite, on tranche, on éventre !” Calaf reste sourd à tout conseil, il frappe sur le gong qui appelle la princesse, sachant qu’après cela, il ne pourra plus reculer.

Apparaît Turandot qui déclare tout de suite, comme elle le fait à chaque fois qu’un prétendant s’apprête à subir l’épreuve, que personne, jamais personne ne l’aura. Aucun homme ne la touchera, elle rappelle le sort de son aïeule, la princesse Lou-Ling, qui fut enlevée par le Roi des Tartares, violée et tuée. Son cri désespéré s’est réfugié dans le cœur de Turandot, son ancêtre revit en elle. Elle veut la venger par la mort de tous les princes qui veulent l’épouser. »