Le Bois qui chante

BQC 5

Séchage naturel des débits.

BQC 1

Bernard Michaud,
négociant en bois de lutherie.

 

Il est des bois “dont on fait les flûtes”, et aussi les violons, les luths, les orgues, les clavecins, les guitares…

Mais pour que leurs instruments en bois sonnent harmonieusement, il faut aux luthiers des essences différentes adaptées à la technologie de chaque pièce à construire, il leur faut en plus une matière compacte, au grain fin et homogène. Le climat continental du Grand Est de la France, aux forêts d’épicéa, de chêne, de hêtre et d’érable, fait pousser ces bois de musique, que l’on appelle aussi « bois de résonance », des bois très recherchés car ils président à la fabrication des instruments dits résonants, notamment les cordes. Le bois de résonance doit être repéré en été et abattu en début d’hiver et nécessite huit à douze ans de séchage naturel.

Jean-Claude Condi, luthier à Mirecourt

Jean-Claude Condi, luthier à Mirecourt

BQC 4

La nickelharpa scandinave.

Il a ses marchés et surtout ses découvreurs qui sont parfois des luthiers ou des facteurs d’orgues, qui explorent les coupes futures pour dénicher l’arbre sans nœud et apparemment « résonant », qu’ils partageront ensuite avec leurs confrères. Tout comme la loupe en ébénisterie, certains défauts du bois sont prisés en lutherie. Ainsi l’érable ondé est très recherché pour donner à l’instrument une sorte de vie chatoyante. Les tables d’harmonie sont d’épicéa, les fonds sont d’érable, les chevalets et les chevilles, d’olivier, de buis ou d’ébène, les manches, d’érable dur ou de poirier.

Le vieux chêne est très apprécié quand il s’agit de construire un buffet d’orgue, qui n’a pas seulement une valeur décorative, ses fonctions – harmonie et résonance – sont primordiales pour la qualité du son.

José Le Piez

José Le Piez et l’un de ses “arbrassons”.

Issu d’une génération de forestiers jurassiens, José Le Piez s’est orienté, sous l’influence de son grand-père, vers les professions de la forêt. Devenu élagueur, il a pu ainsi retrouver les fortes émotions qui ont marqué sa jeunesse lorsqu’il grimpait dans les arbres. A force d’écouter les craquements, les gémissements du bois forcé par la tronçonneuse ou les coins d’acier, et le bruissement des ramures bousculées par le vent, il a fini par imaginer une façon de se faire pardonner les maux endurés par les arbres abattus. Il a créé des sculptures originales, à partir de branches ou de troncs pour en faire des grattoirs et autres formes de percussions primitives, pour rendre, en quelque sorte, la parole au bois. Un jour, par hasard, il a découvert qu’en caressant ses sculptures, il pouvait en tirer des sonorités surprenantes… Gazouillis d’oiseaux, voix humaines, plaintes qui font penser aux orgues de cristal… Ce sont les « Arbrassons », des objets musicaux sans équivalents.

Serge Boinnard, facteur de clavecins à Foucaucourt-sur-Thabas.

Serge Boinnard,
facteur de clavecins
à Foucaucourt-sur-Thabas.

Philippe Monneret,  luthier à Mirecourt.

Philippe Monneret, luthier à Mirecourt.

Bernard Aubertin,  facteur d’orgues à Courtefontaine.

Bernard Aubertin,
facteur d’orgues à Courtefontaine.

Générique :

Texte et réalisation

J.-C. Morin

images

Thierry Harvieux

son

Jürgend Schmitt

éclairage

Vincent Lovoï

montage

Aude Richelet

mixage

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