Marche arrière

Extrait de la seconde partie du livre.

« Dans le générique de 48 heures, de Walter Hill, le cinéaste nous montre une escouade de prisonniers d’un pénitencier qui entretient le ballast d’une voie de chemin de fer. Les gardiens sont bien armés et surveillent de près des hommes qui ont certainement tous au moins une mort sur la conscience. Un plan, sur lequel apparaît le nom du comédien James Remar, montre en plan très rapproché un de ces gardes. Il lève la tête vers les prisonniers qui apparaissent alors en réflexion sur ses lunettes de soleil, avec la perspective des rails. Ce plan a été tourné en marche arrière, l’homme s’est d’abord calé dans la position où ses lunettes reflètent parfaitement la scène, puis il a détourné le regard. Faire l’inverse, s’en remettre à une recherche aléatoire de la bonne position par un mouvement de tête, aurait demandé d’inombrables prises de vue, il était plus simple de filmer en marche arrière avec un résultat garanti et sans aucune perte de temps et de pellicule. Les gestes mécaniques et répétitifs des prisonniers qui ratissent le ballast permettaient cette marche arrière sans prendre au préalable la précaution de les faire jouer à l’envers… Qui a vu le truquage? Heureusement personne! »