Surimpression

Extrait de la seconde partie du livre.

« Dans L’Aurore, que tourne Murnau en 1927, une tentatrice propose à un beau paysan de venir avec elle vivre à la ville. Le couple est allongé dans l’obscurité au bord d’un marécage à l’écart du village.  Sur le décor de joncs apparaît en surimpression une ville où circulent de nombreuses voitures, qui brille de mille lumières. Un travelling avant sur la ville efface le marais, arrivent d’autres plans de circulation nocturne et de publicités au néon. Un plan coupé en deux parties par un volet vertical et une double exposition à la Méliès, montre d’un côté un orchestre qui interprète un charleston et de l’autre une piste de danse, filmée en plongée, où s’agitent des couples. Un dernier plan de la vie trépidante que promet la femme à son amant montre l’orchestre qui marque le rythme. Ce plan disparaît en fondu enchaîné, nous sommes de nouveau avec le couple adultère au bord du marécage et la femme danse comme une diablesse. Venir à la ville, oui mais, “Et mon épouse ?” questionne-t-il dans un carton. La femme lui suggère de la supprimer. Comment? “En la noyant”. »

« Quand le paysan rentre à la ferme, son épouse dort déjà, il se couche sur un canapé. Une eau agitée de vaguelettes submerge en surimpression son insomnie de mari adultère prêt à succomber à la tentation du meurtre. »